mardi 22 avril 2014

Le ministre Manigat rassure les enseignants

Par Jocelyn Belfort
jbelfort@lenouvelliste.com
Source: lenouvelliste.com , le 21 avril 2014

Le ministre de l’Education nationale et de la Formation professionnelle(MENFP), Nesmy Manigat, a annoncé lors d’une conférence de presse à la Primature, qu’un montant additionnel de 688 millions de gourdes a été alloué à son ministère dans le cadre du budget révisé en vue de répondre aux engagements du protocole d’entente trouvé en janvier dernier. 
 
 
En date du 16 avril 2014, une résolution a été approuvée lors du Conseil des ministres organisé par le président de la République, le Premier ministre et les autres membres du gouvernement en vue d'octroyer une somme additionnelle de 688 millions de gourdes au ministère de l’Éducation nationale.Cette somme permettra, selon le ministre de l’Éducation, Nesmy Manigat, au MENFP de répondre de manière scrupuleuse aux exigences du protocole d’entente signé en janvier dernier entre la commission du gouvernement et la plateforme des syndicats d'enseignants. Pas moins de 27 920 enseignants et directeurs du fondamental et du secondaire du secteur public seront touchés par ce relèvement salarial. Une décision qui vient tout juste à un moment où les syndicats enseignants ont annoncé pour la semaine prochaine une nouvelle manifestation pour forcer le gouvernement haïtien à répondre aux exigences du protocole d'entente signé il y a plus de trois mois.
 
Cette augmentation permettra au ministère de revaloriser le salaire des enseignants pour les six prochains mois, dont le mois d’avril. Selon le ministre, le MENFP attend seulement la validation et le vote des parlementaires pour démarrer le paiement conformément aux exigences du protocole d’accord trouvé en janvier dernier. « Nous allons octroyer une revalorisation qui variera entre 30% et 60% sur le salaire de base des enseignants, a déclaré le ministre Manigat. A partir de ce mardi, nous allons rencontrer tous les signataires de ce protocole y compris les syndicalistes et les trois parlementaires.»
 
Le ministre Nesmy Manigat a en outre déclaré qu’un autre montant de 200 millions de gourdes a été alloué à son ministère dans le cadre de ce budget révisé pour traiter les arriérés de salaires et les nouvelles nominations. « Nous avons environ 7 000 dossiers qui sont déjà à l’étude et nous allons, sur une période de six mois intégrer de manière légale de nouveaux professeurs dans le système éducatif, a-t-il ajouté. Grâce à cette somme, nous pouvons offrir aux écoles du Programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire (PSUGO), de nouveaux professeurs mieux qualifiés pour renforcer le système éducatif haïtien.»
 
Nesmy Manigat a également apporté certaines précisions sur le retard enregistré dans le cadre du paiement des enseignants faisant partie du programme PSUGO. Selon lui, son ministère est en train de procéder à une évaluation interne et externe de ce programme en vue de répondre de manière plus efficace à ce problème. « L’une des premières actions que nous allons entreprendre est la mise sur pied d’une carte scolaire géo-référenciée en vue d’avoir un meilleur contrôle sur l’effectif des écoles faisant partie du programme, a-t-il dit. La semaine prochaine, nous allons prendre des mesures nécessaires en vue d’accélérer le processus de paiement des arriérés du programme PSUGO.»
 
La plateforme des syndicats d’enseignants et la commission de négociation du gouvernement avaient trouvé au mois de janvier dernier une entente pour mettre fin à la grève. ledit protocole, qui avait prévu la revalorisation du salaire des enseignants, n’est pas encore effectif puisque le budget révisé n’étant jusque-là pas encore adopté. Ainsi donc, la matérialisation des engagements du gouvernement dépend maintenant, selon le ministre, du vote crucial du budget par le Parlement pour la libération du crédit afin de donner suite à l'ajustement salarial et au versement des salaires de nouveaux professeurs. La plateforme a ainsi annoncé pour le mercredi 23 avril une grève illimitée en vue de forcer l’État haïtien à respecter ses engagements pris en janvier dernier.
La revalorisation des salaires se fera comme suit pour la période allant du mois d’avril au mois de septembre 2014: Professeur à chaire simple passera de 8 100 gourdes à 11 000 gourdes Professeur suppléant : de 9 250 à 12 400 gourdes; Surveillant général : de 12 300 à 17 000 gourdes; Professeur à temps plein : 22 400 à 31 000 gourdes Censeur : de 23 500 à 33 000 gourdes; Directeur : de 25 600 à 36 500 gourdes; Instituteur : de 9 250 à 13 000 gourdes Directeurs d'école primaire: de 13 400 à 21 000.

L’ISTEAH, première institution de formation doctorale accréditée en Haïti

 Par Thomas Lalime
thomaslalime@yahoo.fr

Source: lenouvelliste.com , 21 avril 2014

« Après examen du dossier de l’Institut des sciences, des technologies et des études avancées d’Haïti (ISTEAH) par les hauts responsables du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, sur recommandation expresse d’un comité d’experts internationaux et en reconnaissance de la qualité de ses programmes d’études supérieures, l’État haïtien délivre à l’ISTEAH ce certificat d’accréditation avec tous les privilèges et obligations qui s’y rattachent. Ce certificat, qui demeure valide pour une période de cinq ans, est délivré à l’ISTEAH pour servir et valoir ce que de droit. »
 
Voilà le contenu du certificat d’accréditation, daté du 31 mars 2014, qui vient d’être octroyé à l’ISTEAH par le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP). Cette accréditation est décernée à l’ISTEAH spécifiquement pour des programmes universitaires de diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS), de maîtrise et de doctorat en sciences de l’éducation, assortis de 7 orientations disciplinaires : biologie et sciences de la vie, chimie, formation à distance et e-learning, gestion des systèmes éducatifs, mathématiques, physique, sciences de la terre et de l’atmosphère.
 
L’ISTEAH devient la première institution à obtenir une telle accréditation en Haïti, ce qui peut marquer un tournant au pays après que les autorités et des acteurs concernés par l’enseignement supérieur eurent réalisé des assises nationales sur la qualité de l’éducation et de l’enseignement supérieur. Dans un environnement marqué par l’absence de normes de qualité et l’existence de programmes de formation mal conçus et inadaptés, l’accréditation, obtenue sur recommandation d’experts universitaires, peut constituer un signal de virage vers la qualité.
 
Les 60 étudiants qui constituent la première cohorte résident dans 14 communes du pays, de Jérémie à Port-de-Paix en passant par les Cayes, Jacmel et Gonaïves. Ces étudiants sont regroupés sur les campus du Cap-Haïtien, de Port-au-Prince et de Hinche. Ils termineront leur première année d’études d’ici la fin du mois de juillet prochain. Trente-cinq d’entre eux y poursuivent des études de doctorat (Ph.D.) alors que les vingt-cinq autres visent une maîtrise en sciences de l’éducation.
 
Sélectionnés par concours sur un échantillon de 135 candidats, ces étudiants se distinguent par leur qualité et leur motivation, selon le professeur Samuel Pierre, président du Conseil d’administration de l’ISTEAH, professeur titulaire de génie informatique à l’École Polytechnique de Montréal, directeur depuis 1999 du Laboratoire de recherche en réseautique et informatique mobile (LARIM) et du Groupe de recherche en réseautique et informatique mobile (GRIM). Il s’agit, indique-t-il, pour la plupart de hauts cadres de l'administration publique et surtout du MENFP, de professeurs et cadres à l'Université d'État d'Haïti et des universités publiques en région, de jeunes diplômés enseignant au secondaire et dans les universités privées, de jeunes professionnels de différentes disciplines dont des agronomes.
 
L’ISTEAH, selon le professeur Pierre, est une institution universitaire sans but lucratif. Son fonctionnement repose principalement sur le bénévolat de plusieurs professeurs et gestionnaires, ainsi que sur la générosité de donateurs qui soutiennent sa mission. En tant que premiers bénéficiaires de cette formation de haut niveau, les étudiants sont sollicités pour contribuer à cet effort collectif en payant des frais de scolarité représentant une infime partie des coûts de la formation reçue. Les frais de scolarité sont fixes et s’élèvent à 154 000 gourdes par année pour tous les programmes. L’ISTEAH s’efforce de mettre en place un programme de bourses basées sur le mérite pour supporter les meilleurs étudiants. La priorité d’octroi de ces bourses est accordée aux femmes, aux jeunes et aux handicapés.
 
La direction de l’ISTEAH vise à mettre la science et la technologie au service du développement d’Haïti, en formant des citoyens innovateurs et des leaders aptes à agir avec compétence aux échelles locale, nationale et régionale, en poursuivant un idéal d’excellence dans les actions et les interventions. Le document-cadre prend soin de préciser que l’institut ne vise pas à remplacer les institutions haïtiennes existantes, mais plutôt à prolonger leur action et à les renforcer durablement par l’apport de ressources complémentaires mutualisées dans des domaines spécifiques où l’expertise est sinon inexistante du moins insuffisante. « Il cherche à soutenir les institutions d’enseignement supérieur en augmentant leur capacité à faire face à la demande croissante de formation au pays et la nécessaire qualification des ressources humaines dont le pays a besoin pour se relever, selon une approche volontariste visant à terme l’autonomie de ces institutions », précise Samuel Pierre.
 
L’ISTEAH, poursuit-il, développera, avec les partenaires de la communauté universitaire haïtienne, un modèle haïtien de formation aux études avancées, en synthétisant les meilleures pratiques nord-américaines et européennes en matière de science et de technologie. Sur un horizon temporel de 10 ans, il envisage de former un contingent de 1000 scientifiques pour rehausser le niveau scientifique du pays et rendre le pays moins dépendant de l’étranger pour la formation de ses élites. Cet objectif découle du constat qu’aucun pays n’a réussi à se développer sans une maîtrise adéquate de la science et de la technologie. Haïti a grandement besoin d’un système d’éducation qui favorise cette maîtrise, ce à quoi le nouvel institut cherche à contribuer.
 
Les professeurs - plus de 85 pour le moment - viennent tant des universités locales qu’étrangères. Une douzaine d’entre eux vivent en Haïti et participent activement à l’enseignement dispensé par l’ISTEAH. Les autres professeurs viennent notamment de la Belgique, du Canada, des États-Unis, de la France et de la Suisse. Certains viennent enseigner sur place pendant quelques semaines. D’autres dispensent leur cours à partir de leur lieu de résidence par l’intermédiaire de la vidéoconférence.
 
L’ISTEAH entretient un réseau de 23 partenaires nationaux dont 21 institutions universitaires haïtiennes pour la plupart situées en région. Il est aussi appuyé par 7 partenaires internationaux : Dartmouth College (USA), École Polytechnique de Montréal (Canada), École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL, Suisse), Institut des sciences appliquées (INSA-Lyon, France), Université de Strasbourg (France), Université du Québec à Montréal (UQÀM, Canada), Télé-Université (Canada).
 
Fondé par le Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle (GRAHN-Monde), l’institut veut combler des besoins criants notamment dans certaines disciplines du génie, nous a confié Samuel Pierre. La gestion stratégique et le contrôle de cet institut sont assurés par un Conseil d’administration de 17 membres dont quinze résident en Haïti. Un conseil de direction de 10 membres en assure la gestion opérationnelle.
 
La devise de l’ISTEAH est : « l’excellence au service du bien commun ». Selon Samuel Pierre, il envisage de devenir l’une des meilleures institutions d’études avancées en science et en technologie dans la région de la Caraïbe. Un objectif partagé par des dizaines de scientifiques et de gestionnaires qui contribuent bénévolement à son déploiement dans diverses régions du pays, au bénéfice des générations futures et au service de la décentralisation tant souhaitée du pays.
 
Selon le président du GRAHN-Monde, le défi commun de toute la communauté universitaire haïtienne est de réduire le flot de nos jeunes qui, en quête d'une bonne formation universitaire, quittent le pays pour aller se former ailleurs, notamment en République dominicaine. Trop souvent, ils ne reviennent pas après leur formation. L’ISTEAH compte contribuer significativement à freiner cette fuite de cerveaux et de devises qui contribuent à perpétuer le sous-développement d’Haïti.

vendredi 7 février 2014

Haïti, 7 février 1986

Par Dr. Pierre Montès
Dernière mise à jour: 16 février 2014

Haïti/7 février 1986, PieMon se souvient. Il est chez son père PieDMon à Port-au-Prince.
01:30 AM - NicSenc de Montréal appelle PieMon en Haïti:
-          «La télé ici annonce le départ imminent de JanCloDu.», dit-elle à PieMon.

02 :00 AM - JanCloLou, de Fontamara, un ami de PieMon l’appelle au téléphone pour lui dire :
-          «Moun yo alé !»

02 :30 AM - PieMon appelle GeoSalo:
-          Que se passe-t-il ?  "Je suis au noir." On me dit que JanCloDu serait parti.
-         Effectivement , répond GeoSalo,  il est parti avec sa famille. J’aurais pu l’accompagner (à l’aéroport). Mais j’ai préféré rentrer chez moi.

02 :40 AM - PieMon appelle FranFlam :
-          Que se passe-t-il ?  On me dit que JanCloDu est parti. Qu’en sais-tu ?
-          Il n’y a plus de gouvernement, répond laconiquement FranFlam.

02:50 AM - Finalement, PieMon appelle les appartements du Président JanCloDu au Palais:
-      Allo! Pourrais-je parler au Président JanCloDu ? Je suis PieMon, le MiEdNa.

L'officier de service au bout du fil lui répond laconiquement:

 -    Moun yo pa la non. (Traduction: «Les gens sont absents.»)

07 :00 AM (environ) - La TNH passe en boucle un message : «Restez branchés, un message important sera diffusé bientôt.»

07 :30 AM (environ) - Un message pré-enregistré de JeanCloDu à la nation est diffusé. PieMon résume approximativement l’essentiel du message de JanCloDu :
«… Pour m’assurer que l’histoire retienne, sans aucun doute possible, que j’ai évité un bain de sang en Haïti, j’ai passé le pouvoir  à l’Armée et j’ai placé les V.S.N. (la Milice) sous les ordres de l'Armée

08 :00 AM -  La TNH montre l’image de la façade principale du Palais national. PieMon reconnait sur limage à l’écran, debout devant le Palais, au pied de l’escalier, en première rangée, le Général Henri Namphy ayant à ses côtés, les Colonels William Régala et Max Vallès, l'ingénieur Alix Cinéas, le Colonel Prosper Avril, etc.  
C’est le CNG (Conseil National de Gouvernement). Le Général Namphy donne lecture d'une proclamation confirmant que le CNG dirigera désormais les destinées de la nation provisoirement.
Parmi les personnes  qui accompagnent le CNG, ce matin du 7 février 1986, PieMon a facilement décelé en arrière, sur l’écran, le visage d’un ami. Il dit à son père PieDMon : «Regarde qui est en arrière : c’est l’ingénieur JacVil !»

Par la suite, PieMon apprendra de son amie, Madame MarJoDou, que l'ingénieur JacVil était dans l’opposition; mais, voyant que PieMon n’était pas du tout en mode opposition, JacVil ne lui avait rien avoué.

vendredi 20 décembre 2013

Montréal /L'affaire Fredy Villanueva: le rapport d'enquête du coroner André Perreault

Par Dr. Pierre Montès

C'était le 9 août 2008.
Au cours d'une intervention policière qui a mal tourné à Montréal-Nord, un jeune de 18 ans, Fredy Villanueva trouve la mort, abattu par le policier Jean-Loup Lapointe. On s'en souvient, une émeute s'en est suivie peu après le drame [1].
 
Après avoir lu le rapport du coroner, je ne peux, objectivement, que conclure que l'agent Lapointe a agi en légitime défense. 
 
Si Dany Villanueva s'était laissé arrêter par l'agent Lapointe et l'agente Pilotte et si le groupe d'amis de Dany Villanueva et son frère Fredy Villanueva n'avaient pas manifesté une attitude hostile vis-à-vis de l'agent Lapointe et de l'agente Pilotte, au moment de l'intervention des deux policiers en se gardant à distance, comme demandé, l'agent Lapointe ne se serait pas senti en danger de mort et n'aurait pas senti le besoin de se servir, ultimement, de son arme à feu pour sauver sa vie et celle de l'agente Pilotte.
 
Peut-être, l'agent Lapointe et l'agente Pilotte auraient-ils dû appeler et attendre des renforts avant de débuter leur intervention auprès du groupe de jeunes, sachant qui étaient les individus qu'ils allaient arrêter ?
 
On suggère de ne plus donner d'armes automatiques aux policiers. Est-ce que ce ne se serait pas une erreur de leur enlever ce type d'armes ? Si l'agent Lapointe n'avait pas une arme automatique, le temps aurait-il peut-être joué contre lui dans cette affaire: les jeunes étaient tellement proches de lui qu'ils auraient eu le temps de réagir entre deux coups de feu, ce qui aurait pu être fatal pour les deux agents entourés des jeunes contrevenants.

Je propose aux lecteurs de regarder comment étaient armés quelques militaires au milieu d'une foule de touristes au début de juillet 2007 à Paris, au pied de la Tour Eiffel [2]. Et à chaque fois que je vais à Paris, tant avant le 11 septembre 2001 qu'après cette date, je suis toujours témoin de ce genre de scènes, au hasard des lieux que je visite.  
 
La principale leçon à tirer de l'affaire Villanueva est la nécessité d'introduire dans les programmes scolaires du Québec un cours sur le comportement que doivent avoir les citoyens quand interviennent les forces de police. Il serait peut-être aussi nécessaire d'indiquer aux nouveaux arrivants comment on s'attend à ce qu'ils se comportent quand ils interagissent avec les forces de police au Québec. 
 
Aux pages 54 et 57 du rapport du coroner qui en compte 143, on lit les extraits qui suivent:

«L'agent Lapointe fait feu .»
 
« Selon l'agent Lapointe, Dany Villanueva continue à se débattre vigoureusement et à le frapper au niveau de la tête. Il ne voit plus sa partenaire. Il sait qu'elle se fait frapper par les jambes de Dany Villanueva. Bien qu'il n'adresse pas à l'agente Pilotte une demande de le défendre, faute de temps de le faire, explique-t-il, il ne la croit plus capable de s'interposer entre lui et les individus qui s'en prennent à lui. Il ne peut plus se relever, se déplacer, s'en aller. Il ne peut plus attendre les renforts. Il ne peut utiliser ses armes intermédiaires. Il a peur de perdre connaissance, d'être blessé gravement ou de mourir. Il ne peut s'éloigner. Il ne voit plus d'autre solution que de faire feu pour défendre sa vie et celle de sa partenaire, et c'est ce qu'il décide de faire.Il estime qu'il peut atteindre les cibles qu'il vise sans mettre en danger les personnes qui peuvent se trouver derrière, dans le parc...»
 
«... Continuant à retenir Dany Villanueva de sa main gauche, l'agent Lapointe dégaine de sa main droite. Pour ce faire, il désamorce les deux dispositifs de son étui qui assurent la rétention de son arme à feu.»
 
« Avant même de dégainer, l'agent Lapointe a déjà décidé qu'il va faire feu à cause de l'urgence de la situation. Cela se fait, dit-il, en une fraction de seconde. Pas même le temps d'en aviser l'agente Pilotte. Jamais il n'a considéré l'option d'exhiber uniquement son arme pour provoquer une réaction de recul. Il estime que cela aurait augmenté le risque d'être désarmé. Il voit un regroupement de personnes à proximité.»
 
« Alors que Fredy Villanueva est à moins d'un bras de distance et que l'arme de l'agent Lapointe est encore au niveau de sa hanche, il commence la mise à feu.»
 
« Sans viser un ou des individus en particulier, l'agent Lapointe tire au "centre des masses" devant lui, puis légèrement à droite et légèrement à gauche pour être certain de les atteindre. Il croit, sans pouvoir l'affirmer, que le premier individu atteint est Fredy Villanueva parce qu'il est directement devant lui dans la ligne de tir.»
 
« L'agent Lapointe précise qu'il n'avait pas l'intention de tuer Fredy Villanueva quand il a tiré sur lui, mais plutôt de mettre fin à la menace, de se défendre, de protéger sa vie.»
 
« L'agente Pilotte est surprise par quatre coups de feu très rapprochés. Elle a entendu le premier coup de feu, mais n'a pas vu l'agent Lapointe, car elle regardait dans une autre direction. Selon elle, l'arme était à environ un demi-mètre d'elle lors du premier tir. Elle lève immédiatement son regard et voit, après le premier coup de feu, deux coups de feu tirés en direction de Fredy Villanueva qui se trouve au nord, et qui l'atteignent. Pour ce qui est des trois derniers tirs qu'observe l'agente Pilotte, l'agent Lapointe a le bras droit complètement tendu, sa main tenant fermement son arme.»
 
« Touché une première fois, Fredy Villanueva recule, mais reste sur ses pieds, avant d'être atteint de nouveau au haut du corps. À ce moment-là, Fredy Villanueva est à moins d'un demi-mètre de son frère et de l'agent Lapointe et à environ un mètre de l'agente Pilotte. Il est debout et penché vers l'avant légèrement. Il a les bras près du corps.»
 
« Après avoir été atteint une deuxième fois, Fredy Villanueva recule de nouveau puis s'écroule un mètre à deux mètres plus loin sur le dos ou sur le côté, un peu recroquevillé sur lui-même. Il porte ses mains à son thorax....»
 
«...L'agente Pilotte voit ensuite son partenaire déplacer son arme vers la droite à environ 180 degrés et la pointer, le bras tendu à peu près perpendiculairement au sol, en direction d'un autre individu qui s'est avancé à moins d'un mètre de Dany Villanueva et de l'agent Lapointe. Elle voit cet individu être atteint sur ce qui lui semble être le côté du haut du corps ou "[…] du haut du dos si on veut", par le dernier tir, espacé des autres de quelques instants. L'agente Pilotte perçoit que le dernier individu est atteint au moment où son épaule tourne. On comprend qu'il s'agit probablement de Jeffrey Sagor Métellus.»
 
« L'agent Lapointe confirme que son bras était tendu lors du quatrième tir. Il contredit fermement sa collègue lorsqu'elle affirme qu'il a déplacé son arme sur 180 degrés avant d'effectuer le quatrième tir. Il dit en avoir un souvenir très précis. Il explique qu'il lui aurait été même impossible de le faire parce qu'il aurait alors dû passer son bras devant lui. Il a cependant, lui aussi, l'impression que c'est Jeffrey Sagor Métellus qui a reçu le dernier tir alors qu'il se trouvait à une distance inférieure à un mètre. Il ne peut expliquer comment Jeffrey Sagor Métellus a pu être atteint dans le dos, puisqu'il avait l'impression que tous les individus avançaient vers lui au début de la séquence de tirs. Il ignore si Jeffrey Sagor Métellus a eu le temps de pivoter depuis le premier tir jusqu'au moment où il a été atteint.«
 
«L'agent Lapointe explique avoir cessé les tirs lorsqu'il a perçu  "le recul des masses". En fait, il ne sait pas, au moment de cesser de tirer, combien de coups de feu exactement il a tirés. Il faut dire que tous les tirs ont été effectués rapidement. Il ne sait pas non plus précisément où les balles tirées se sont logées.»
 
« Ce n'est qu'après les quatre tirs que l'agent Lapointe constate que Fredy Villanueva s'est écroulé.»
 
Pour lire le rapport du coroner au complet, un lien est donné ci-dessous [3].
 
Un article de Wikipédia fournit une version de cette malheureuse affaire [4]. 

___________________________

[1] Wikipedia / Émeute à Montréal-Nord.

[2] Le coin de Pierre / Au pied de la Tour Eiffel, 17 septembre 2007

[3] La Presse / Rapport du coroner dans l'affaire Villanueva

[4] Wikipedia /Affaire Fredy Villanueva.

vendredi 6 décembre 2013

Toussaint Louverture et Nelson Mandela: deux hommes, un même idéal.

Par Dr. Pierre Montès

Toussaint Louverture [1] et Nelson Mandela [2] sont deux êtres qui ont marqué leurs époques.
Ils ont eu le même idéal de liberté et d'émancipation de l'homme noir.

Deux siècles séparent ces deux hommes. Faudra-il alors attendre le vingt-deuxième siècle avant que l'humanité ne connaisse un troisième être exceptionnel de la trempe de Toussaint Louverture et de Nelson Mandela ?





Toussaint Louverture (1743-1803)





Nelson Mandela (1918-2013)

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[1] Wikipédia / Toussaint Louverture
[2] Wikipédia / Nelson Mandela

vendredi 20 septembre 2013

Sylvie Ouellet, un ex-notaire en connexion directe avec les défunts

Par Dr. Pierre Montès

« Je suis très cartésienne et j’ai besoin de connaître le fondement des choses. » 
Sylvie Ouellet

J'ai écouté attentivement une entrevue de Sylvie Ouellet sur Radio Ville-Marie, il y a deux semaines environ.
Elle a apporté des éléments de réponses à certaines des questions que je me pose depuis des décennies.
Elle a publié plusieurs livres sur le sujet.

Je vous suggère d'écouter/de voir/de lire ce qui est disponible sur le Web.

Voici quelques vidéos dans lesquelles Sylvie Ouellet parle un peu de son expérience en tant que médium:

  1. Axion TV/ Si une autre vie m'était contée...: Sylvie Ouellet , 10 minutes, 12 secondes
  2. genevieveyoung.com/ Entretien avec Sylvie Ouellet, 3 minutes 30 secondes
  3. ARRsante.ca/ Marie-Lise Pelletier/ Entretien avec Sylvie Ouellet, 6 minutes 18 secondes.

Voici la transcription d'une entrevue de Sylvie Ouellet:

besoindesavoir.com/ Entrevue avec Sylvie Ouellet/ Visa-pour-l'au-delà

Enfin, voici un lien vers la page web de Sylvie Ouellet:

Site Web de Sylvie Ouellet

dimanche 8 septembre 2013

Haïti-Éducation / Ouverture des classes en septembre ou en octobre ?

Par Dr. Pierre Montès
Mise à jour: 10 septembre 2013

Le cas d'Haïti
 
La tradition en Haïti, c'était la rentrée scolaire au début du mois d'octobre pour l'enseignement préscolaire, l'enseignement primaire, l'enseignement secondaire et l'enseignement professionnel. Cette ouverture coïncidait avec le début de la nouvelle année fiscale (1er octobre).
 
La fermeture de l'année scolaire se faisait (et se fait encore) à la fin du mois de juin. En fait, dans cet intervalle de neuf mois, il y a 39 semaines ou 273 jours. Si l'on y enlève les samedis et les dimanches, (78 jours), il reste 195 jours.  De ces 195 jours, il fallait enlever environ 14 jours de congé isolés [1], s'ils tombaient durant la semaine entre lundi et vendredi, plus les vacances de Noël (10 jours autres que les samedis et dimanches) et les vacances de Pâques (7 jours autres que les samedis et dimanches), soit un total maximum de 31 jours qu'il fallait enlever des 195 jours. Il restait donc, grosso modo, 164 jours de classe d'octobre à juin.
 
Les vacances d'été étaient de trois (3) mois pleins: juillet, août et septembre.
 
C'était la réalité vécue dans les années 1960 en Haïti. C'était sans doute à peu près la réalité vécue dans les décennies antérieures et postérieures  à celle des années 1960.
 
En l'an 2000, le Ministère de l'éducation d'Haïti (MENJS) décidait de fixer la rentrée scolaire 2000-2001 au début du mois de septembre (+21 jours) et de ramener le nombre de jours de congé isolés de 14 à 9 (+5) en 2000-2001, puis à 8, les années subséquentes. Ce changement drastique avait porté le nombre de jours de classe à 190 en 2000-2001 (164+21+5) et à 192 en 2001-2002 [2]. Ainsi les vacances d'été étaient réduites à deux mois: juillet et août.
 
Le 12 janvier 2010, il y eut "goudougoudou", le séisme qui a secoué  Haïti et causé de lourds dégâts matériels et humains dans l'Ouest et le Sud-Est du pays. Le nombre de jours de classe de l'année scolaire 2009-2010 a été considérablement réduit.
 
En 2010-2011, en 2011-2012 et en 2012-2013, la rentrée des classes a été ramenée de septembre à octobre; il en sera de même en 2013-2014.


Mon avis personnel
 
S'il fallait en avoir un, mon avis personnel serait qu'il faudrait revenir définitivement à la rentrée des classes en octobre et revenir définitivement aux trois mois de vacances en été (juillet-septembre). J'ai été un enfant moi aussi, et, je tenais beaucoup à cette durée de la période de vacances. J'y tiens toujours. De plus la coïncidence entre le début de l'année fiscale et le début de l'année scolaire semble aller de soi et entrer dans les us et coutumes d'une grande proportion de la population de la classe majoritaire.

À mon avis, il revient au système tant privé que public de faire entrer la couverture des matières au programme scolaire à l'intérieur de la période globale de 9 mois ou 39 semaines allant d'octobre à juin. Pour certaines classes, si cela était nécessaire, on pourrait recourir à l'utilisation des demi-journées de samedi pour des activités scolaires dans les classes de Seconde, de Rhétorique et de Philosophie (cela se faisait déjà dans les années 1960 dans certains collèges privés). Cela correspondrait, pour ces classes, à l'ajout d'environ trente-deux demi-journées, soit l'équivalent d'environ 16 jours additionnels par an, ce qui porterait à 180 le nombre de jours de classe par an pour les trois dernières années du secondaire. 
 
Voici quelques liens conduisant vers des articles qui rapportent les réactions des personnes du milieu de l'enseignement en Haïti en ce qui concerne la rentrée en octobre plutôt qu'en septembre: [3], [4], [5], [6].                                        .
 
 
Comment cela se passe-t-il ailleurs dans le monde ?
 
Dans les pays développés, le cas le plus frappant est celui de la France: au primaire, 140 jours de classe par an, au secondaire, 178.  La moyenne pour les pays de l'OCDE est de 187 jours au primaire et au secondaire.

Mais ce n'est pas le nombre de jours qui importe le plus, c'est plutôt le nombre de semaines d'enseignement: il est de 36 par an en France.
 Les liens suivants: [7], [8], [9], [10] permettent d'avoir une bonne idée de ce qui se fait en France, en Allemagne, en Finlande, au Danemark,  au Canada, en Grande Bretagne, en Italie.
  
__________________________________________ 
[1] Liste approximative des jours de congé isolés, s'ils tombent entre lundi et vendredi dans les années 1960 en Haïti: 17 octobre, 24 octobre, 1er novembre, 2 novembre, 18 novembre, 5 décembre, lundi gras et mardi gras, 7 avril, 1er mai, ascension, 18 mai, 22 mai, 22 juin.